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La violence, les violences dans la classe et dans
l'établissement scolaire © 
(2 jours)

Séminaire conçu et animé par Guy Decroix, Professeur

Argument

La violence à l’école existe. Entrer dans la classe c’est d’emblée s’immerger dans un champ éducatif saturé d’interactions hyper relationnelles, de contraintes, de relations éventuellement anxiogènes entre enseignants et enseignés. Ces rapports de force vont bien souvent guider les comportements des uns et des autres.
Mais de quelle(s) violence (s) parle-t-on ?
Quelles seraient les sources, les formes de violences subies, perçues, agies, par les usagers de l’école, par l’institution elle-même censée avant tout les protéger ?

Les représentations respectives de la violence chez les protagonistes de l’école révèlent souvent des clivages inattendus. Si les violences «  évidentes » (agressions, vols, rackets) s’imposent d’emblée, d’autres émergent : sourdes, latentes, cryptées, voire acceptées comme normales (brimades, orientations). Ici est un interdit de parole, là un refus du corps.
Alors biens des questions sourdent, objet d’élucidation et de traitement :
- Que dire de la logique visant plus souvent à éclairer la violence des jeunes que leur souffrance ?
- Certains jeunes ne deviendraient ils pas violents face à des images d’adultes soit marquées d’impuissance soit s’offrant comme modèles achevés ? La violence ne signerait elle pas alors l’impossibilité de la rencontre ?
- Et si certains exprimaient ainsi leur malaise face à l’ennui faute d’un rapport libidinal au savoir, faute de pouvoir agir ? Certes l’école est le temps du loisir, de la lenteur, le contraire du zapping actuel, ce qui rend l’ennui inévitable. Mais ne faut-il pas distinguer le bon du mauvais ennui qui serait lié à l’absence de sens dans les apprentissages ?

Tout passage à l’acte est le lieu d’un scénario extrême qui se déploie dans un espace temps spécifique avec des acteurs identifiés, des enjeux narcissiques, d’identité et dans une logique binaire. Mais qu’en est-il du sous-jacent plus ou moins construit de ce scénario ? Quel degré de dérégulation, d’incohérence, d’impossibilité de se soumettre, de fuir ou de lutter, quel anonymat dé-narcissisant, quel échec, quelle incompréhension du fonctionnement de cette institution pour l’élève sous-tendrait ce scénario ?
Alors quelles préventions aux violences, quelles médiations matérielles et culturelles permettraient de séparer l’autre de soi, de sortir de l’impasse du tout ou rien, de retrouver ainsi, les conditions d’investissement d’un désir ? Quels tiers institutionnaliser en classe, dans l’établissement scolaire permettant de sortir d’un imaginaire clos. Quelles procédures mettre en place susceptibles de re-narcissiser les élèves, pour leur faire intégrer des interdits humanisants indispensables à la socialisation, et de soutenir leur idéal ?
Quelle pédagogie permettrait d’articuler la construction des savoirs à l’institutionnalisation de la Loi, de la parole contre la violence ?
Enfin, quelles réponses aux violences ?

S’impose entre autres une réflexion sur la sanction qui témoigne d’un ordre symbolique structurant qu’est le droit dans nos sociétés. La sanction signifie qu’une limite à été franchie. Elle permet de s’approprier ces limites comportementales nécessaires à la vie sociale.
Des distinctions doivent être travaillées en matière éducative avec l’évaluation et la réparation. En matière d’évaluation, l’erreur a pour vocation d’être corrigée alors que la faute doit être sanctionnée. La réparation elle consiste à verser des dommages et intérêts et n’efface en rien le délit alors que la punition est l’expression symbolique d’une réprobation collective devant le franchissement d’une limite et exempte par la même de toute forme de dressage.
Enfin, peut-on par ailleurs  se dispenser des regards croisés et actions mises en cohérence des différents partenaires : acteurs de terrain, éducateurs, magistrats, police ?
Autant d’axes à repérer et comprendre pour mieux agir et prévenir. Axes mis en lumière sous l’éclairage pluridisciplinaire de la psychanalyse, la psychosociologie, l’anthropologie, l’éthologie et l’analyse systémique.

Public

Ce séminaire est destiné aux professionnels de l’éducation.

Finalité

Mise en place des attitudes, des dispositifs institutionnels, des techniques utilisées durant le stage.

Objectif

Repérer, identifier, analyser et comprendre la complexité des phénomènes de violence des élèves et de l’institution scolaire avec les regards croisés de la psychosociologie, la psychanalyse, l’analyse systémique.
Elaborer collectivement des réponses pédagogiques et institutionnelles aux problèmes posés par les diverses formes de violence.

Déroulement

Travail sur les représentations des stagiaires de la violence subie, perçue, agie. Techniques du photo-langage et du brainstorming.
Présentation et analyse de cas symptomatiques de violence choisis par les stagiaires.  (Repérage des enjeux narcissiques et d’identité). Technique du Groupe d’Approfondissement Professionnel
Jeux de rôle autour de la sanction. Méthode du psychodrame morenien.
Analyse d’un support audio-visuel : repérage des éléments favorisant ou inhibant les phénomènes de violence dans l’institution scolaire.

Programme


- Le langage :
Place de l’écoute des personnes et des groupes dans la régulation : Empathie, attitudes, professionnalité enseignante.
La gestion du symptôme « injure » en vue d’une prise de distance. Décodage des injures : les angoisses liées à la procréation et la sexualité.
Distinction : agression, agressivité, violence, passage à l’acte, acting-out.
- La classe comme lieu de violence :
L’effet symbolique de l’espace clos de la classe imaginaire. Sa composante anale. Transfert et contre-transfert. Rôle des tiers : Loi, limite, lieu, langage.
- Le rapport à la loi et à l’autorité :
La Loi symbolique, la règle, la sanction, la réparation. L’articulation de la construction des savoirs à l’institutionnalisation de la loi.
- Rôle des instances institutionnelles dans la prévention et la régulation des processus conflictuels :
Vers une mise en « pratique de la loi » par des dispositifs de médiations, de réseaux d’échanges, favorisant l’émergence d’une parole pleine, d’une désidération du sujet.

 

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Mise à jour 4/06/11