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"Tant que vous détournerez votre esprit de vos rêves, il ne les connaîtra pas ;
vous serez le jouet de mille apparences
parce que vous n'en aurez pas compris la nature.
Si un peu de rêve est dangereux, ce qui en guérit, ce n'est pas moins de rêve,
mais plus de
rêve, mais tout le rêve. Il importe qu'on connaisse entièrement ses rêves pour n'en plus souffrir."
Marcel PROUST
Le travail psychanalytique est classique. Le silence de l'analyste comme règle est à présent tout à fait inopportun et inadapté. On peut même insister sur le fait que si le praticien, professionnel par excellence de la relation, ne fait pas preuve d'empathie, d'une certaine générosité personnelle, d'une disponibilité explicite, il faut ne pas s'attarder en sa compagnie. Ce travail - de partage, donc – éminemment collaboratif, qui respecte des dispositions de justesse, est la condition première de l'exercice des pratiques des métiers de l'accompagnement. Il peut commencer par des entretiens, une psychothérapie ou s'imposer à l'occasion d'une supervision, voire d'un accompagnement professionnel. Les questions de la formation des psychanalystes et psychothérapeutes à qui l'on peut s'adresser pour un travail sur soi (sont à exiger de la part du praticien à la fois cursus universitaire, solide formation en psychopathologie et travail personnel thérapeutique et psychanalytique), le nombre des séances (généralement une fois par semaine, éventuellement deux fois pour un professionnel de l'accompagnement, éventuellement trois fois pour un futur analyste), leur durée (pas moins de 45 minutes), leur coût (entre 40 et 60 euros), doivent pouvoir être discutées et toujours se placer dans une cohérence éthique. La régularité des séances est essentielle dans la mesure où la relation qui se tisse, entre autres dans ses composantes transférentielle et contre-transférentielle, doit se confronter à tous les états, toutes les humeurs, toutes les réminiscences, expériences, etc., du patient, et aussi se déployer sur un temps qui peut aller de plusieurs mois, dans le cas d’une problématique manifeste simple, dans une dominante psychothérapique, à plusieurs années, voire de nombreuses années, pour un ensemble intriqué de questions complexes, dans une dominante psychanalytique, pour la reconstitution et la réparation de dysfonctionnements qui ont mis plusieurs années à se constituer et à se consolider. Il est donc nécessaire de réaliser un investissement et d'accepter que sa propre réalisation soit progressive et relative aux mois et aux années d'influence néfaste dans le passé, dont les travers ont été répétés à l'envi, afin de croire de nouveau en ses potentiels. De même, il est important qu’interviennent des considérations d'ordre déontologique, pour que ne puissent avoir lieu des pratiques inadmissibles, telles que celles de psychothérapeutes qui demanderaient des sommes incomparables avec les tarifs de spécialistes (que l'on ne va voir que ponctuellement, eux) d'autres disciplines, ou qui feraient payer les séances de vacances (pourquoi pas un salaire, tant qu'à faire, et les congés payés, etc.) ou celles qui auraient été décommandées mais pour lesquelles l'analyste aurait été prévenu suffisamment tôt par le patient (48h est un délai raisonnable), par exemple, ou bien encore qui n'accepteraient que l'argent liquide, ce qui dans certains cas s'expliquerait éventuellement - la question de la matérialité de l'argent peut avoir son importance -, mais presque uniquement en analyse, souvent en psychothérapie analytique, quelquefois en psychothérapie.
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Mise à jour 30/10/11 |