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| Editorial Novembre 2006 | La vérité habite les profondeurs. Friedrich von SCHILLER |
Le monde des "psys" 2 : Les reconnaître |
Quoi de neuf depuis l'an dernier ? Il y a toujours quatre catégories dans le monde des psys.
Des psychothérapeutes, des psychanalystes, des psychiatres, des psychologues. Tous doivent être psychothérapeutes. Les psychothérapeutes ne peuvent apporter comme garantie de la scientificité de leur pratique, et donc de leur efficacité, une auto proclamation, une inscription sur un annuaire ou sur une liste d'association, un titre ou une notoriété d'un autre domaine, fût-il prestigieux, médical, intellectuel ou entrepreneurial.
Ils doivent pouvoir apporter pour exercer des informations sur trois
dimensions :
leurs pratiques, leurs
concepts, leurs formations.
Leurs pratiques :
Les pratiques concernent la durée des séances, la fréquence et leur nombre, les
principes de fonctionnement, les tarifs appliqués.
Une séance qui dure moins de
45 minutes ne laisse pas au patient la possibilité d'être intégré dans le
processus thérapeutique, de développer l'alternance des modalités discursives
nécessaires au travail sur soi
(associations, raisonnements, mouvements émotionnels...),
d'intégrer les langages (l'inconscient, le corporel, le rêve...)
indispensables à la réalisation de soi, enfin de se voir pleinement reconnu.
La fréquence et le nombre des séances sont les éléments les plus variables. Elles peuvent se dérouler à raison de 1 fois par mois jusqu'à 4 fois par semaine. Dans le cas d'une psychanalyse classique, 2 fois par semaine est un bon rythme, dans le cas d'une psychothérapie analytique, 1 fois par semaine convient bien. On peut cependant mener une analyse entre 2 fois par mois et 1 fois par semaine, comme une psychothérapie analytique au même rythme, en fonction de l'avancée des problématiques du patient. Une psychanalyse peut succéder à une psychothérapie, cependant, l'un et l'autre devraient pouvoir aboutir à une terminaison en un nombre de mois ou d'années raisonnable.
Dans les principes de fonctionnement des séances, la parole du thérapeute est
indispensable. Son silence n'est plus la règle, et plus seulement
bienveillant, ni son attention, plus seulement flottante. L'époque ne s'y
prête plus. Il doit pouvoir parler, expliquer, orienter, interroger,
répondre, dans le respectbien évident du cheminement de l'élaboration personnelle du patient.
Les tarifs se doivent d'être adaptés à la situation du patient. Il ne saurait
être question de faire payer les séances un prix excessif, sans rapport avec
le service rendu ou avec le nombre de séances par semaine, ni de faire payer
des séances loupées, dès lors que le patient a prévenu suffisamment tôt de
son absence, ou que manifestement son absence ne peut lui être imputé, dans
le principe des significations de la matérialité de l'argent. Un tarif normal est aux alentours de 50 euros.
Leurs concepts :
Les concepts utilisés par le praticien doivent pouvoir être transmis au patient, dès lors que cet apport peut lui faire gagner du temps, et donc de l'argent, de l'énergie, du mieux être. Ainsi, l'explicitation des principes de fonctionnement des composantes et des mécanismes physiques, psychiques et relationnels de l'humain sont susceptibles de donner au patient des alliances de compréhension de ses propres troubles, dysfonctions, désirs... Dès lors, il se trouve à même de s'approprier les conditions de son émancipation et de son désengagement souhaité du désir, du savoir, du confort de l'autre.
Leurs formations :
Les formations des psychothérapeutes sont de deux
ordres.
Pour se prévaloir de ce titre et de l'habilitation à exercer, le psychothérapeute
doit pouvoir justifier d'abord d'un cursus universitaire ou d'école
agréée au titre de l'enseignement supérieur d'une durée minimale de 5 ans
incluant les domaines indispensables à la compréhension du fonctionnement
psychique de la personne : organisation de l'appareil psychique,
psychopathologie, concepts fondamentaux de la psychanalyse.
Le psychothérapeute doit ensuite pouvoir faire état d'une spécialisation dans au moins un domaine psychothérapique : psychologie, psychiatrie,
psychanalyse, psychosomatique, psychanalyse de groupe, psychothérapie
analytique, relaxologie...
A ces deux types de formation s'ajoute naturellement une pratique personnelle consistante d'au moins 3 ans en tant que patient, ainsi qu'une tranche
didactique, ou de contrôle, ou de supervision d'au moins une année.
Voici succinctement les éléments que chacun doit connaître pour choisir un "psy". Triez le bon grain de l'ivraie, embrassez ce que vous voudrez, choisissez ce que vous aimez.
Nicolas A. KOREICHO
cf. notre information sur le titre de psychothérapeute
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Mise à jour 4/06/11 |